L’assurance chômage au cœur des débats

Assurance chômage El Khomri

Le système de l’assurance chômage doit être revu, mais tout porte à croire que pour le moment, la situation semble échapper des mains du patronat et des syndicats. Faut-il alors s’attendre à un accord pertinent ou relancer le débat sur la question ?

Des négociations qui arrivent à terme

Jeudi matin, un accord sur une nouvelle convention de l’assurance chômage doit être conclu. Pourtant, les deux organisations semblent être encore loin d’aboutir à une décision finale. Le déficit qui s’élève à 25,8 milliards d’euros à la fin 2015 devrait les encourager car l’enjeu est important. En effet, ce déficit a mis en danger la stabilité du régime d’indemnisation des chômeurs.

Des chiffres qui alerte

Si la situation de l’assurance chômage continue de stagner, et à moins d’une baisse du chômage, le régime Unedic augmentera de 29,4 milliards d’euros à la fin 2016 et de 35 milliards d’euros pour l’année 2018.

800 millions, voilà le montant des intérêts d’emprunt que devra l’assurance chômage à l’Etat, et ce, tous les ans. Ce qui n’arrange en rien leur situation, puisque les cotisations sont normalement destinées au demandeur d’emploi et non pas pour rembourser les emprunts des marchés financiers. Tout cela rend le contexte critique et difficile à gérer.

Le président du Medef Pierre Gattaz a indiqué pendant une conférence de presse que ce n’est pas au patronat de remplir les caisses d’un système qui est déficitaire, qu’il est hors de question de le faire.

Une solution qui peine à venir

Le patronat et les syndicats en négociation depuis le 22 février 2016 ne manquent pas d’enthousiasme pour arriver à trouver une solution, mais des facteurs externes viennent rendre la tâche plus délicate qu’elle ne l’est déjà. Parmi ces facteurs, il y a la réforme du droit de travail amorcée par la ministre Myriam El Khomri, qui est d’ailleurs dans tous les départs actuels.

Le gouvernement a dû intervenir une première fois afin de proposer une dégressivité des allocations versées aux chômeurs, ce qui a été fortement rejeté en estimant que baisser les allocations en fin de droit n’entraine pas forcément les personnes à retrouver du travail, et une seconde fois pour essayer de faire passer une augmentation des cotisations patronales sur les contrats à durée déterminée et contrats d’intérim, là encore le Medef annonce son désaccord. Pierre Gattaz se justifie en rappelant  les termes et les limites qu’il a établi au début de son mandat. Il n’est pourtant pas fermé à toute proposition et se dit prêt à négocier, malgré la baisse de chance d’un accord immédiat.

Deux solutions en cas de désaccord

L’échéance étant fixée à jeudi soir, si aucun accord n’a été trouvé, les deux organismes devront choisir entre : une propagation de la Convention Unedic de 2014 par un décret, ou une application de nouvelles règles qui seront mises en place par le gouvernement, malgré le peu de chance d’un choix qui implique le gouvernement à moins d’un an de l’élection présidentielle.

C’est le cas de dire que le système de l’assurance chômage en France est le plus avantageux pour les demandeurs d’emploi et le plus malcommode et couteux pour les salariés. Ce système doit être revu sur les modalités d’indemnisation, mais aussi sur les contributions. Une amélioration du fond de l’emploi pourra donner l’avantage à la réussite d’une réforme.

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